mercredi 6 avril 2011

Le crystal automatique





Fichier:Alexandre Cabanel, Ophelia.JPG

allo allo encore une nuit pas la peine de chercher
c'est moi l'homme des cavernes il y a les cigales qui étour-
dissent leur vie comme leur mort il y a aussi l'eau
verte des lagunes même noyé je n'aurai jamais cette couleur-
là pour penser à toi j'ai déposé tous mes mots au monts
de-piété un fleuve de traineaux de baigneuses dans le courant
de la journée blonde comme le pain et l'alcool de tes seins

allo allo je voudrais être à l'envers clair de la terre
le bout de tes seins à la couleur et le gout de cette terre-la

allo allo encore une nuit il y a la pluie et ses doigts de
fossoyeur il y a la pluie qui met ses pieds dans le plat sur
les toits la pluie a mangé le soleil avec des baguettes de chinois

allo allo l'accroissement du cristal c'est toi...c'est toi
ô absente dans le vent et baigneuse de lombric quand
viendra l'aube c'est toi qui poindras tes yeux de rivière sur
l'émail bougé des îles et dans ma tête c'est toi le maguey
éblouissant d'un ressac d'aigles sous le banian

Aimé Césaire


c'est la première fois que je lis un poème de M. Césaire!


Jean qui hurle !








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