mardi 9 avril 2013

Je l'aimais, je l'aime encore...




Chaque jour, aussi longtemps que l'âge et la maladie le lui ont permis, Zao Wou-Kis'est rendu à l'atelier, au dernier étage de sa maison de la rue Jonquoy, dans le 14e arrondissement de Paris, où il s'était installé en 1960. Il riait lui-même de cette régularité d'"ouvrier", si éloignée du mythe de l'artiste inspiré. Là, dans une complète solitude, il peignait à l'huile sur toile le plus souvent, à l'encre de Chine plus rarement, à l'aquarelle dans ses dernières années. A l'exception d'une collection de pinceaux somptueux rapportés de Chine au cours de l'un de ses voyages, rien ne rappelait son pays natal. Les livres de la bibliothèque concernaient l'histoire de l'art occidental, Cézanne, Matisse. La musique était européenne, de Mozart à Varèse, qui fut de ses amis. Peu de vies et d'œuvres attirent aussi évidemment la réflexion du côté des rapports et de la convergence des cultures.


Né à Pékin en 1921, Zao Wou-Ki – son nom francisé – appartient à la famille Tsao, connue depuis les Song, famille aristocratique et lettrée. Grand père et père dessinent en amateurs. Admis dès 1935 à l'Ecole des Beaux Arts de Hangzhou, il y demeure six ans, y devient assistant en 1941, en suit les déplacements au gré des événements militaires. Cartes postales rapportées de Paris par un oncle et magazines américains lui font découvrir l'art occidental, l'impressionnisme et Picasso. 






Une première exposition personnelle à Shangaï en 1947 précède de peu son départ pour Paris : la situation politique et le désir de connaître par lui-même cet autre monde déterminent un départ qu'il ne sait pas définitif.


Atteint de la maladie d'Alzheimer, le 

peintre est mort, mardi 9 avril, en Suisse à


 l'âge de 93 ans, après avoir été 

hospitalisé à deux reprises depuis la fin

 de mars.



2 commentaires:

  1. Moi aussi, j'aime beaucoup, particulièrement le premier tableau que tu publies.
    Il me donne des envies de bleu...
    Bises.

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  2. il a beaucoup utilisé cette couleur! et le mariage avec l'encre de chine, j'adore... bizz

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