mercredi 18 mars 2015

100 ans aujourd'hui...


 
 
On ne présente plus Jean ANGLADE. Après Vialatte et Pourrat, il est pour nos contemporains celui qui incarne avec le plus de ferveur et de générosité pour sa terre d’origine et ses habitants l’Auteur auvergnat. 
 Jean Anglade a cent ans, aujourd’hui. Et toute une œuvre qu’il a bâtie en deux temps. Ce que beaucoup ont découvert avec la réédition récente de ses romans première manière. Ceux de sa « période bleue » qui s’achève en 1969. Année où il publie deux titres : Le Point de suspension chez Gallimard et Une pomme oubliée chez Julliard.
Les deux très différents. D’un côté, un jeune Irlandais immigré aux États-Unis part combattre au Vietnam. Quand son avion est abattu par l’ennemi, il saute en parachute. Le roman dure le temps de la descente et de la remémoration. De l’autre, une vieille paysanne seule en Livradois. Le premier s’est vendu à quelques centaines d’exemplaires, le second a connu un immense succès.
Leçon bien comprise. Jean Anglade a tourné la page, changé de ton, d’ambition. Il était littéraire plutôt exigeant, styliste audacieux ; il se fait conteur. Il écrivait loin de l’Auvergne, elle devient le cadre de tous ses livres. Il en dira les gens, les métiers, les traditions. Mais rejettera l’étiquette de régionaliste. « Ma planète c’est l’Homme, dit-il. L’Homme avec ses bassesses, ses grandeurs. »
Son goût pour la simplicité dans les rapports humains fait parfois oublier qu’il est aussi l’auteur, en dehors d’une quantité de romans qu’on peut sans exagérer qualifier d’incalculable, d’une traduction du Prince de Machiavel et du Décaméron de Boccace, ainsi que de biographies de Pascal, Hervé Bazin ou de Sidoine Apollinaire. 
 

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